Lait de maman, lait idéal pour le bébé

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Lait de maman, lait idéal pour le bébé
Catégories : Bébé (6 - 12 mois) , Enfant , Santé
03/01/18

Irremplaçable pour le tout-petit, le lait maternel le protège contre la plupart des infections intestinales, le prévient de certaines allergies... et s'assimile complètement.

La composition du lait maternel est non seulement idéale mais elle peut aussi s'adapter aux besoins essentiels du nouveau-né. Elle peut même varier au gré des jours, d'heure en heure, et même au cours d’une même tétée. Ainsi le taux de lipides (graisses) peut être multiplié de 1 à 4 pendant un seul repas. Le lait est alors plus gras, plus riche. Sachez également que le lait en fin de tétée n’a pas toujours la même composition, de plus, il s'appauvrit la nuit. C'est le matin, entre 6 h et 10 h, que la concentration en graisses est maximale. Au cours des premiers jours s'installe le lait primitif, pauvre en graisses et en lactose malgré son épaisseur apparente. Mais il contient d’autres sucs essentiels plus facilement assimilables, beaucoup de protéines et les fameuses immunoglobulines qui assurent une protection contre les agents infectieux. Ce n'est qu'à partir de deux semaines que le lait maternel trouve sa maturité et sa composition définitive. Si vous avez la curiosité de le goûter, vous constaterez qu’au début votre lait ressemble au lait de vache : même couleur, même fluidité. Cela est dû aux traces de colostrum qui subsistent pendant la première semaine d'allaitement. D’ici un mois ou deux, votre lait, bien que plus riche, sera pâle, opalescent, avec parfois des reflets bleutés.

Une composition subtile

Sa composition est constituée de 85 % d'eau, d'acides gras très solubles, parfaitement assimilables par les sucs de l'enfant, de protéines et de sels minéraux en quantités nécessaires pour être traités par le foie et les reins immatures du nouveau-né, enfin, d'un sucre, le galactose, qui favorise la constitution du tissu cérébral. S'y ajoutent des vitamines A, B, C, D, E en quantités variables selon l'alimentation de la maman, mais au moins deux fois plus importantes que dans le lait de vache, tout comme les acides aminés libres dont le taux augmente à la fin du 1er mois pour satisfaire les besoins de l'enfant. Enfin, le lait maternel contiendrait des tranquillisants naturels. Cela justifierait l'endormissement béat des bébés après une bonne tétée. Bref, un mélange nutritionnel idéal pour la croissance. Mais il est très influençable. Ainsi, on pense que la nature de certains acides aminés a une importance sur le développement. La taurine, abondante dans le lait humain, serait un facteur essentiel dans ce processus. Ces découvertes récentes ont d'ailleurs incité les fabricants à améliorer le dosage en taurine dans le lait artificiel.

 De formidables anticorps

Le lait maternel possède une fonction immunitaire reconnue. Ce système de protection est dû aux éléments qu'il contient. D'abord des protéines : l'une d’entre elles, la lactotransferrine, fixe le fer sur des sites spécifiques, ce qui empêche la croissance et la multiplication des bactéries ; des composants cellulaires ensuite : les macrophages et les lymphocytes, également doués de propriétés anti-infectieuses ; des immunoglobulines (ou anticorps) enfin : leur concentration atteint le premier jour des chiffres élevés (50 mg/ml), puis diminue rapidement les jours suivants pour se stabiliser à environ 0,3 mg/ml après deux ou trois semaines. L'augmentation de la sécrétion lactée compense en partie cette diminution, si bien que la quantité d’anticorps reste élevée et constante tout au long de l'allaitement.

 Le lait des premiers jours joue dans la protection immunitaire un rôle essentiel, car c’est un véritable concentré d'anticorps qui tapissent en quelques jours toutes les muqueuses de la bouche et du tube digestif. Le lait des jours suivants a tout autant d'importance. En effet, le sucre qu'il contient, le gynolactose, est essentiel dans le développement de la flore microbienne de fermentation qui s'Oppose à la prolifération de la flore en putréfaction due à la digestion. On en comprend toute l'importance.

Le lait maternel a une vertu immunitaire qu'aucun autre lait ne pourra jamais avoir. C'est un véritable bouclier contre les microbes. En effet, ce système de protection s'appuie sur des cellules spécifiques qui fonctionnent avec certaines protéines. Leur coordination est si bien faite qu'elle peut augmenter le taux des anticorps (les soldats de l'organisme) pour lutter contre l'apparition des maladies contagieuses. Certains chercheurs affirment même que ce taux est prémonitoire et qu'il augmente avant le déclenchement de la maladie.

Le professeur écossais Peter Howie a particulièrement étudié le rôle de l'allaitement maternel dans la prévention des infections. Ses conclusions sont claires : le lait de la mère est un excellent protecteur contre les infections gastro-intestinales au cours de la première année, si les bébés sont nourris au moins pendant treize semaines. S'ils ne bénéficient pas de cette durée, ils ne sont protégés qu'au cours de la période d’allaitement.

En revanche, le lait maternel semble beaucoup moins efficace contre les infections respiratoires qui ne seraient qu'en légère diminution chez les enfants nourris au sein.

Le lait de l’affection

Sur le plan psychologique, on considère que l’allaitement maternel est le prolongement de la grossesse, La mère ne nourrit plus son enfant de son sang, mais de son lait. D'ailleurs, beaucoup témoignent d'un véritable état fusionnel entre elles et leur bébé au moment des tétées. Pour la psychanalyste Marie-Dominique Linder, l’allaitement établit le dialogue des sens entre la mère et l'enfant, des conditions qui procurent au bébé un sentiment de sécurité important dans son développement.

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